[dropcap1]J[/dropcap1]udge Dredd. Les connaisseurs et amateurs sauront déjà qu’il s’agit d’un comics US, mais pour moi, tout ça c’est nouveau. Le comics, je n’y avais encore jamais touché, à part au cinéma. Le format souple et les histoires de super-héros m’ont toujours quelque peu rebuté au premier abord. Mais cette première est plutôt sympa. D’abord il s’agit d’un cadeau, ce qui fait toujours plaisir, et en plus l’édition se rapproche de la BD classique et du livre. Couverture rigide, format légèrement inférieur à du A4 et plus de 145 pages. [quote_center]Mais Judge Dredd Mandroïd, qu’est-ce que c’est, mis à part ces détails purement techniques?[/quote_center] Comme tout comics qui se respecte, on a un super-héros, personnage central de l’histoire, entourés de quelques amis mais surtout de beaucoup de méchants. Oui, parce que notre bonhomme, le sergent Nate Slaughterhouse (Abattagemaison en français) il est gentil. Il tue tout le monde sur son passage mais nous on lui pardonne parce qu’il est gentil. Et on lui pardonne pour la simple et bonne raison que c’est pas simple d’être réformé de l’armée, de partir vivre dans un hlm-bidon ville de Méga-City One avec sa femme et son gosse et d’avoir un corps mi-homme mi-robot (d’où le « Mandroïd ») le tout en l’année… on sait pas vraiment quand, mais c’est dans plutôt longtemps quand même ! Et en plus, Nate, il a pas de bol. Des mafieux ont décidé de lui pourrir sa vie déjà pas marrante en s’en prenant aux deux êtres les plus chers à ses yeux : madame et fiston Slaughterhouse. Grosse erreur messieurs les mafieux ! Fallait pas lui faire ça ! Nate n’a déjà pas un caractère très doux, alors lui faire tout péter à la gueule sans réussir pour autant à le tuer, c’est moyen comme bonne idée… Du coup, il va se venger. Et on en attendait pas moins ! Le truc, c’est que la police (déguisée en Power Rangers) n’est pas vraiment d’accord et va tout faire pour l’empêcher de régler ses comptes à sa façon. C’est qu’ils sont gentils mais pas non plus super arrangeants les juges. Mais encore une fois, le scénar (très bon au demeurant) reste écrit par un américain et aux États-Unis, la police est toujours débordée et dépassée par les événements sauf un gars – un bien, brave et bon et plus intelligent que les autres – qui comprend les tourments du héros et accepte de le laisser poursuivre sa mission destructrice parce qu’il le faut bien si l’on veut éliminer toute cette racaille qui moisit dans les basfonds et qu’à défaut de Karcher un Mandroïd haineux, ça fait très bien l’affaire. Tout est là, réuni en un tome et l’on retrouve tout ce qui fait les clichés et plaisirs de lire un comics. Le héros, les méchants, le côté sombre, la puissance, la vengeance, l’action,… Côté scénario, tout s’enchaîne et se suit sans longueurs. La fin laisse cependant un peu en haleine par la brutalité du dénouement et sa rapidité extrême qui clos l’histoire en quatre pages. Par ailleurs, vu que la série est sortie en magazine (2000AD pour les puristes) lors de sa première parution – ce qui signifie page par page sur plusieurs mois -, trois dessinateurs se sont succédés afin de donner vie à l’histoire. On remarque ainsi les styles et les traits des personnages qui se transforment selon la main et la vision du dessinateur du moment. Perturbant mais pas autant que de lire le dernier Lucky Luke puis le premier. Voilà ce qu’on peut dire de ce petit ouvrage. Est-ce un classique du genre ? Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c’est qu’il a été adapté en film où Judge Dredd est incarné par Sylvester Stallone. J’en ai vu un extrait, j’ai pas osé affronter la suite. A vous de voir si vous en aurez le courage, mais commencer par le comics me semble une bonne solution.


Ce billet a été rédigé par Paul, à qui j’ai offert l’exemplaire de Judge Dredd Mandroïd envoyé par les éditions Soleil, en l’échange d’une petite review. Il a un peu tardé avant de m’envoyer sa note. Il s’en excuse platement 🙂